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Le ROA (Return On Assets) : d’un ratio ringard à une véritable mesure de la performance des Banques sous Bâle 2 & 3

Au seuil de l’application des règles de Bâle II et III par les établissements de crédits de l’Union Monétaire Ouest-Africaine (UMOA), Malikahere.com insiste, persiste et signe avec un nouveau Working Paper (voir les quatre séries d’articles ici : 1, 2, 3 et 4) sur un ratio classique bien connu mais totalement révisé, afin d’aider les Banques assujetties dans l’appréciation de leurs performances et de leur rentabilité.

On pourrait appeler cela, le renouveau de la mesure de la rentabilité et de la performance des établissements bancaires exerçant sous les règles de Bâle II & III. Un ratio ROA (Return On Assets)  complétement en phase des règles Bâloises en matière de la performance opérationnelle, de la gestion de la taille de bilan, de la rentabilité des actifs, du profil de risques, et de la solvabilité prudentielle.

Nous savons jusqu’ici que le ROA ou la rentabilité des actifs mesure la capacité de l’entreprise à générer des bénéfices avec l’ensemble des moyens mis en œuvre (immatériels, matériels et financiers), l’objectif du papier est donc d’éclater cette mesure de la rentabilité des actifs tout en mettant en exergue certaines dimensions clés du management d’une Banque exerçant dans un environnement prudentiel Bâle II et III avec ses ratios clés tels que la solvabilité, le profil de risque, la gestion de la taille du bilan (levier) et son corolaire, l’effet de levier.

Plusieurs certaines critiques ont été formulées sur les ratios ROA et ROE (Return On Equity). Celles formulées à l’endroit du ROA par l’homme d’affaires à succès Warren Buffet, sont, sans doute, des reproches ayant eu le plus d’échos. Quant au ROE, l’une des critiques généralement soulevées, est notamment sa dimension de mesure de création de valeur purement actionnariale et sur l’illusion de bonne santé financière qu’un ROE élevé pourrait induire avec un recours excessif à l’endettement non maîtrisé. Cependant dans un environnement bancaire réglementé (Règles de Bâle II et III), donc avec les exigences minimales de fonds propres (CET1 et T1), on pourrait être tenté de minimiser ces critiques. En outre, en fixant des niveaux minimums des fonds propres (Cf. notre article 1) pour la conduite des activités bancaires, les autorités prudentielles incitent ce faisant les actionnaires à une certaine mesure de la rentabilité des fonds propres investis telle que le ROE. Et enfin, l’exigence de respecter en même temps des ratios des fonds propres minimums et de levier (Cf. notre article 3), limite tout recours excessif nous semble-t-il à l’endettement, qui plus est, ne serait pas maitrisé.

Pour rendre encore, plus utile le ROA revisité que nous entendons proposer aux établissements bancaires de la sous-région dans le cadre de la transposition des règles de Bâle II et III, nous avons tenu en compte la dimension de l’efficacité d’un établissement bancaire donné à fructifier ses actifs (matériels, immatériels et financiers) même si les critiques ne tarissent pas aussi à l’endroit d’un tel ratio comme souligné plus haut (lire ce livre de Warren Buffet).

Formule proposée du ROA

Classiquement le ROA est calculé en rapportant le résultat net au total actif. Et le résultat obtenu est généralement exprimé en pourcentage (%) et s’interprète comme étant la rentabilité générée par 100 unités d’actifs détenus.

Formule générale du ROA (Return On Assets)

Pour une entreprise normale, le total des actifs générant des revenus sont le plus souvent le total actif du bilan. Cela est moins vrai pour un établissement bancaire. Les hors bilan des banques sont aussi sources de revenus au même titre les emplois du bilan. Il nous semble donc évident de tenir compte de ces hors bilan pour mesurer la performance des actifs de la Banque. C’est pourquoi, nous allons retraiter le total actif dans la formule rappelée ci-dessus en y intégrant les hors bilan pondérés selon leur Facteur de Conversion en Équivalent Crédit (FCEC) tels donnés dans le dispositif prudentiel. En plus, cela nous permettra de rendre cohérent ce total des actifs avec les autres facteurs tenant compte des actifs dans la formule proposée.

Afin d’atteindre notre objectif de rendre le ROA déclinable dans un environnement bancaire fonctionnant sous les règles de Bâle de Bâle II & III, nous allons maintenant décomposer la formule du ROA rappelée ci-dessus de la manière suivante :

Formule proposée du ROA (Return On Assets), Etape 1

Où :

RN : Résultat Net

Actifs : Total des actifs (Total Bilan + Hors Bilan pondérés selon leur Facteur de Conversion en Équivalent Crédit (FCEC))

FP : Fonds Propres

RWA : Risk-Weigthed-Assets (ou APR : Actif Pondéré des Risques)

Nous savons par ailleurs que la composante RN/FP n’est autre chose que le ROE qui est classiquement calculé en rapportant le résultat net aux capitaux propres. Et le résultat obtenu est généralement exprimé en pourcentage (%) et s’interprète comme étant la rentabilité gênée par 100 unités de capitaux propres.

Formule générale du ROE (Return On Equity)

Cette rentabilité obtenue est aussi souvent analysée en décomposant la dimension profitabilité (Résultat/Chiffres d’affaires) de la dimension rotation des actifs (Chiffres d’affaires/ Capitaux propres). Et en cas de présence d’endettement, l’effet de levier est intégré aux deux précédentes composantes.

Nous partons d’une décomposition de ce genre du ROE en l’adaptant à un environnement bancaire sous Bâle II & III. Tout d’abord, nous allons éclater le ROE en trois composantes :

Formule développée du ROE (Return On Equity)

Où :

RN : Résultat Net

FP : Fonds Propres

Produits : Total des produits

Actifs : Total des actifs (Total Bilan + Hors Bilan pondérés pondérés selon leur Facteur de Conversion en Équivalent Crédit (FCEC))

En remplaçant le ROE (Résultat/Fonds propres) par sa formule décomposée ainsi obtenue dans la formule du ROA proposée plus haut, le ROA devient finalement :

Formule proposée du ROA (Return On Assets), Etape 2

La formule du ROA ainsi obtenue devient totalement déclinable au sein d’une Banque (Top Management, Fonctions Exploitation et Risques) tout en mettant en exergue sa conformité par rapport aux ratios prudentiels tels que : le ratio de levier et le ratio de solvabilité.

Pour une cohérence parfaite entre les différentes composantes de la formule, les fonds propres retenus doivent être de la catégorie Tier One puisque c’est cette catégorie de Fonds propres qui a été retenue par les autorités prudentielles sous-régionales pour le calcul du ratio de levier dont le minimum prudentiel est de 3%. Dans la formule ci-dessus, l’effet multiplicateur (facteur Actifs/Fonds propres) est l’inverse justement de ce ratio de levier.

 

La Rédaction de Malikahere.com

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Modibo TEMBELY est co-administrateur de ce site web.

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