L’armée malienne frappe un coup décisif contre la rébellion à Tinzawatène. Plusieurs hauts cadres des groupes armés séparatistes ont été tués lors d’une opération spéciale dans la région de Kidal, intensifiant un conflit où s’entremêlent enjeux sécuritaires et aspirations politiques.
Une frappe aérienne ciblée à Tinzawatène
Ce week-end, une frappe aérienne des forces armées maliennes a éliminé huit hauts responsables de la rébellion touarègue à Tinzawatène, près de la frontière algérienne. Cette opération, confirmée par un communiqué de l’État-major général des armées, a été largement relayée sur les réseaux sociaux avant d’être officialisée. Elle fait suite à une mission spéciale visant des positions rebelles dans la région de Kidal.
Des figures rebelles de premier plan touchées
Parmi les chefs tués figurent des personnalités influentes :
- Choguheib Ag Attaher, chef de la tribu Idnane,
- Fahad Ag Almahamoud, responsable d’un mouvement armé,
- Albaraka Ag Alfaki,
- Mossa Ag Baye Diknane,
- Bachara Ag Hamed,
- Mohamed Ag Acherif,
- Jamal Ag Albaraka,
- Sidi Ag Baye.
De nombreux autres combattants ont également été tués ou blessés, et des dégâts matériels significatifs ont été enregistrés.
Contexte de tensions renouvelées
Cette frappe survient alors que les groupes armés du Cadre Stratégique Permanent pour la paix, la sécurité et le développement (CSP-DPA) venaient de signer un pacte d’honneur, annonçant la dissolution de leurs entités pour former le Front de Libération de l’Azawad (FLA). Ce nouveau regroupement visait à coordonner leurs actions en faveur de l’autonomie de l’Azawad. C’est précisément lors de cette réunion stratégique que l’armée malienne a localisé et frappé les chefs rebelles.
Une riposte contre des attaques ciblant les civils
L’État-major malien a justifié cette opération en affirmant que les individus visés étaient responsables de plusieurs attaques meurtrières contre les populations civiles et les forces de défense dans la région. Cette action militaire, présentée comme une avancée dans la lutte contre le terrorisme et le séparatisme, renforce la position des autorités face à des groupes armés déterminés.
La nécessité d’une stratégie globale
Si cette frappe est saluée comme un succès militaire, elle ne constitue pas une solution définitive. Pour Dr. Aly Tounkara, chercheur et directeur du Centre d’Études Stratégiques et Sécuritaires, ces opérations militaires doivent impérativement être suivies par des actions de développement. Selon lui, une victoire durable nécessite de combiner les efforts militaires avec des programmes de développement économique et social pour stabiliser durablement la région et gagner le soutien des populations locales.
Vers un avenir incertain
Cette opération souligne l’intensité du conflit au nord du Mali et les défis persistants liés à la paix et à la sécurité. Une stratégie équilibrée, mêlant fermeté militaire et initiatives de développement, semble être la seule voie pour espérer une stabilité durable et une résolution du conflit.

